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La Course des Crêtes à Espelette (64) fête ses 50 ans en 2026 !

Gabi Etchart fondateur de la Course des Crêtes

La Course des Crêtes du Pays-Basque serait une Classique Belge si elle appartenait au monde du Cyclisme : un marqueur fort de la saison, un passage obligé, la course qu'il faut avoir fait une fois dans sa vie, au moins. Fondée en 1976 par Gabi ETXART et René DOUTHE la première édition n'a réuni que 90 coureurs. L'idée était de créer un événement sportif et festif sur le Canton pour faire vivre le club d'athlétisme A.S.C. Napurrak, (Association Sportive Cantonale) fraîchement créé. Dès les premières années, la Course accueille diverses nationalités réunies autour de l'esprit festif de l'événement. La suite, c'est une légende, très proche de l'esprit de GUMP, que nous allons vous raconter. 

 

Gabi ETCHART, la voix de la Course pendant 42 ans.

La première image que l'on retient de la Course des Crêtes est une voix. Celle de Gabi ETCHART, Président jusqu'en 2017 de l'association et organisateur de la Course au micro de la régie pour donner les consignes aux coureurs. L'accent de Gabi si caractéristique du Pays-basque vous donne le ton de l'épreuve : vous allez vivre un moment authentique et chaleureux, une communion avec le Pays-Basque. 

 

Départ 14h, 35 degrés, 1100 de dénivelé, démerdez-vous!

En parlant de chaleur, le départ 14h le premier weekend de Juillet est souvent (on reste au Pays-Basque quand même) synonyme de canicule. Crème solaire, casquette vissée sur la tête et quelques gouttes d'eau sont les équipements favoris des 7000 participants présents au départ. Sur le premier kilomètre, on sort du village d'Espelette qui accueille le départ et l'arrivée, sous les vivas d'une foule venue en masse. Très vite les premiers lacets qui mènent au sentier du Mondarrain vous donne à penser que vous auriez peut-être dû faire le 7km plutôt que de vous lancer dans l'épreuve reine (qui est passé en quelques année de 26 à 30km). Une fois au sommet du Mondarrain, une délégation de bénévoles vous acclame et vous ravitaille. Vous pensez que le plus dur est passé mais vous vous trompez.

Commence alors le parcours sur les fameuses Crêtes du Pays-Basque. Si le temps est au bleu, vous allez passer un après-midi de rêve. Là haut, la chaleur est moins vivace, l'air vous donne un second souffle et la vue se dégage pour apercevoir au loin l'Océan. Concrètement vous courrez à l'intérieur de la carte postale même s'il arrive parfois que vous croisiez une couleuvre ou une bestiole que la course est venue déranger. 

Passage du Mondarrain, début des problèmes

Les problèmes commencent alors, généralement le Mondarrain a fait le niveau et une fois passé, vous vous retrouvez seul pendant près de 25km. Seul le bruit de vos pas et des cloches au loin vous accompagnent sur ce sentier escarpé.

Quand vous avez regardé le profil avant la course, vous avez été trompé par l'ascension du Mondarrain au début de la course qui aurait tendance à vous faire penser qu'après elle, la course ne serait plus qu'une ballade à plat avant la descente finale, pour accélérer.

La réalité : le passage sur les crêtes est vraiment long et difficile et vous allez vous casser les pattes durant une bonne quinzaine de kilomètres avant la fameuse descente. Généralement, c'est là que les crampes arrivent, quand la pente à -15% vous brûle ce qu'il vous reste de quadri et des mollets. D'ailleurs, les organisateurs ne s'y sont pas trompés, ils ont installé des bans de Kinés au bas de cette descente. 

Les 5 derniers kilomètres sont une souffrance heureuse.

A ce stade, vos jambes vous insultent mais votre coeur est rempli de joie, l'approche du village et le son de la foule vous portent sur les derniers hectomètres. Vous courrez à nouveau sur le bitume, les bandas accompagnent vos dernières foulées jusqu'à la ligne d'arrivée, sous les acclamations de la foule et les cadavres de coureurs assis sous les platanes. Vous pensez que la course est terminé, ce n'est que la moitié.

 

Dernière épreuve de la journée : le repas sous le barnum 

Si vous devez participer à la Course des Crêtes, ne faites pas l'impasse sur l'option repas du soir, sans quoi vous rateriez l'essentiel de la philosophie de cette course devenue mythique. 3500 personnes selon les organisateurs, 6000 selon la police, toutes l'envie d'en découdre avec l'Axoa ! 400 bénévoles qui font danser les cassoles géantes au son des bandas. Un boucan assourdissant, des sourires presque aussi larges que les traits de fatigue sur les visages des coureurs parfois encore en tenue d'artiste. Après les deux entrées et les cuisses de canard confites haricots verts, vous vous dites généralement que vous avez déjà bien mangé : "Encore quelques verres de vin rouge, probablement de l'Irouleguy, une boule de glace et au lit". 

A ce moment-là vous avez oublié que vous êtes venu pour spécialement pour l'AXOA. Le basque est taquin ! 22h00, la star de la soirée fait son entrée avec son parfum enivrant. On vous sert l'AXO avec des pommes salardaises. Celles que vous adorez et que vous n'avez pas mangé depuis 1 siècle. Alors vous doublez la dose et la sauce de l'AXOA se marie à merveille. Vous finissez les salardaises avant l'AXOA, alors on vous ressert des salardaises pour finir l'AXO. Et puis l'inverse. 

Il est 23h30, vous vous demandez si c'est du ventre ou des jambes que vous souffrez le plus. Il vous faudra une bonne minute pour vous extirper du banc rouge en nid d'abeille afin de regagner vos pénates. 

Le repas de la Course des Crêtes, c'est la dernière ascension de la journée ! 

On ne peut pas faire plus Gump que cette Course. 

L'esprit de la Course des Crêtes du Pays-Basque correspond parfaitement à ce que l'on aime dans le running chez Gump. La course à pied est un effort intense qui doit créer du partage et de la convivialité. La performance est secondaire, du moins, l'action est déjà une performance largement suffisante. Testez la course, pour la 50e édition, il devrait y avoir quelques surprises ;)